Ce qu'on Fait aux Parents
La page qui dit ce que personne ne dit.
Cette page n'est pas un pamphlet. Elle n'est pas non plus une generalisation. Elle est le reflet de ce que vivent des milliers de parents chaque annee en France, confrontes a un systeme qui, sous couvert de protection de l'enfance, les broie methodiquement. Chaque situation decrite ici est documentee, recurrente, et verifiable. Si vous etes parent et que vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez que vous n'etes pas seul.
L'Annonce : Le Jour Ou Tout Bascule
Il y a un avant et un apres. Le jour ou l'on apprend que ses enfants vont etre places -- ou pire, qu'ils l'ont deja ete -- est un jour qui ne s'efface jamais. Pour certains parents, c'est un coup de telephone. Pour d'autres, c'est une convocation au tribunal. Pour les plus malchanceux, c'est un retour a la maison avec la porte ouverte et les enfants qui ne sont plus la : retires de l'ecole pendant la journee, sans que le parent ait ete prevenu, sans qu'il ait pu dire au revoir.
La decision d'une Ordonnance de Placement Provisoire (OPP) peut etre prise par un juge des enfants sans audience contradictoire, c'est-a-dire sans que le parent ait ete entendu. Le parent l'apprend apres coup. Il n'a pas pu presenter sa version des faits, il n'a pas pu contester les elements du rapport qui a motive la decision, il n'a pas pu regarder le juge dans les yeux pour lui dire que ce rapport est inexact. La decision est deja prise. Les enfants sont deja partis.
Le choc psychologique est comparable a un deuil, a une difference pres : l'enfant est vivant, mais inaccessible. Les parents decrivent une sideration, une incapacite a comprendre ce qui se passe, un sentiment d'irrealite. Certains restent prostres pendant des jours. D'autres entrent dans une colere qui sera immediatement retenue contre eux dans les rapports. Il n'existe pas de bonne reaction a l'annonce d'un placement -- mais chaque reaction sera interpretee.
Et dans ce moment de destruction, aucun soutien psychologique n'est propose au parent. Aucun. Pas un numero de telephone, pas une orientation vers un professionnel, pas un accompagnement de crise. Du jour au lendemain, vous passez du statut de parent a celui de personne dont on a retire les enfants. Votre identite se fracture. Votre quotidien, construit autour de vos enfants -- les reveils, les repas, les devoirs, les histoires du soir --, s'effondre dans un silence assourdissant. La chambre des enfants est toujours la. Les jouets sont toujours la. Mais les enfants ne sont plus la.
« Quand je suis rentree de mes courses, l'appartement etait vide. Ma voisine m'a dit que des gens etaient venus chercher les enfants a l'ecole. Personne ne m'avait prevenue. J'ai appele partout, personne ne me repondait. J'ai passe la nuit assise par terre dans leur chambre, a serrer leur doudou. Je ne savais meme pas ou ils etaient. »
-- Mere de deux enfants, placement en urgence, Ile-de-FranceLes Visites Mediatisees : L'Humiliation Organisee
Apres le placement, le parent n'a plus le droit de voir ses enfants librement. Les visites sont fixees par le juge : en general, une a deux heures, tous les quinze jours, dans un lieu institutionnel -- souvent un bureau de l'ASE, parfois un local associatif inadapte. Le parent ne choisit ni le lieu, ni l'heure, ni la duree. Il ne peut pas emmener ses enfants au parc, leur faire un gateau, les aider a faire leurs devoirs. Il est assigne a un creneau, dans un cadre, sous surveillance.
Car les visites sont mediatisees : un travailleur social est present pendant toute la duree de la rencontre. Il observe, il prend des notes, il evalue. Chaque geste, chaque mot, chaque silence est consigne. Si le parent pleure en voyant son enfant, le rapport notera un "debordement emotionnel" ou une "difficulte a gerer ses emotions". S'il ne pleure pas, on notera un "affect plat" ou une "absence d'empathie". Si l'enfant court dans les bras du parent, c'est "normal". Mais si l'enfant montre trop de joie, si le parent le serre trop fort ou trop longtemps, on parlera de "sur-investissement affectif" ou de "relation fusionnelle inappropriee".
Les enfants sentent cette surveillance. Ils sentent que quelque chose n'est pas normal, que ce moment cense etre une retrouvaille est en realite une mise en scene evaluee. Les plus petits ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas rentrer a la maison apres la visite. Les plus grands apprennent a se censurer, a ne pas dire certaines choses devant l'observateur. La spontaneite de la relation parent-enfant est detruite par le dispositif meme qui pretend l'evaluer.
Les locaux sont souvent froids, mal equipes, impersonnels. Une salle avec une table, quelques chaises, parfois des jeux abimes. Pas d'intimite. Pas de possibilite de preparer un repas, de donner un bain, de lire une histoire dans un lit. Le parent ne peut plus exercer aucune des fonctions parentales ordinaires. Il est reduit a un visiteur dans la vie de son propre enfant. Et si le parent arrive avec cinq minutes de retard -- a cause des transports, d'un imprévu, d'un moment de detresse --, ce retard peut figurer dans le rapport comme un signe de "manque d'investissement" ou de "non-respect du cadre". Zero tolerance, zero humanite.
« Ma fille de trois ans m'a dit "Maman, pourquoi la dame elle ecrit quand je te fais un calin ?" Je n'ai pas su quoi repondre. Qu'est-ce que vous voulez repondre a ca ? J'ai une heure tous les quinze jours avec mes enfants, et meme cette heure ne m'appartient pas. »
-- Mere de trois enfants, placement judiciaire depuis 18 mois, Loire-AtlantiqueLes Rapports : Le Tribunal de l'Intime
Les rapports educatifs sont l'arme principale du systeme. Ce sont eux qui determinent le maintien ou la levee du placement, le rythme des visites, l'evolution de la mesure. Ils sont rediges par les travailleurs sociaux et les educateurs, puis transmis au juge des enfants. En theorie, ils sont objectifs et equilibres. En pratique, ils constituent le plus souvent un dossier a charge methodiquement construit.
Tout est consigne, mais rien n'est neutre. La colere d'un parent qui conteste une decision injuste devient un "passage a l'acte verbal" ou une "agressivite envers les professionnels". Un desaccord avec l'equipe educative est qualifie de "refus de collaborer" ou de "deni des difficultes". Quand le parent exprime sa souffrance, c'est une "posture victimaire". Quand il se montre combatif, c'est une "incapacite a se remettre en question". Le vocabulaire est systematiquement oriente : on ecrit "le pere pretend que..." la ou on devrait ecrire "le pere explique que...". On ecrit "la mere affirme que..." au lieu de "la mere indique que...". Ce choix lexical, apparemment anodin, installe un doute permanent sur la parole du parent.
Les rapports mentionnent rarement ce qui va bien. Si le parent a trouve un emploi, a demenage dans un logement plus grand, a entame une therapie, suit des cours de parentalite -- tout cela est soit ignore, soit minimise avec des formules comme "le parent semble faire des efforts, mais il est trop tot pour evaluer leur sincerite". Les progres sont systematiquement relativises, tandis que les incidents -- meme mineurs -- sont detailles, amplifies et recontextualises pour nourrir une narrative negative.
Les interpretations subjectives sont presentees comme des constatations objectives. Un educateur peut ecrire : "L'enfant semble anxieux en presence de son pere" sans preciser que l'enfant venait de se disputer avec un camarade a l'ecole, qu'il avait faim, ou qu'il etait simplement impressionne par le cadre institutionnel. Le rapport ne mentionne pas ces elements de contexte. Il ne retient que l'interpretation. Et c'est cette interpretation que le juge lira. C'est sur cette interpretation que le juge fondera sa decision. Le parent, lui, n'aura souvent acces au rapport que quelques jours avant l'audience, sans le temps ni les moyens de le contester point par point.
« Dans le rapport, ils ont ecrit que j'avais "une attitude defensive et un refus de reconnaitre mes difficultes". Ce que j'avais fait, c'est contester une information fausse : ils avaient ecrit que je n'etais pas venue a un rendez-vous, alors que c'est eux qui l'avaient annule. Quand je l'ai fait remarquer, ca a ete note comme de l'agressivite. »
-- Pere de deux enfants, placement administratif depuis 2 ans, NordLes Injonctions Paradoxales
Le systeme de la protection de l'enfance fonctionne selon une logique d'injonctions paradoxales qui place le parent dans une situation d'echec permanent. On lui demande de "travailler sur soi", mais sans jamais preciser ce qu'il doit changer, sur quels points precis il doit evoluer, ni quels criteres objectifs permettront de mesurer cette evolution. Le parent est soumis a une exigence de transformation personnelle dont les contours sont deliberement flous.
On lui demande de "montrer qu'il a evolue". Mais les criteres de cette evolution changent selon les interlocuteurs, les moments, les humeurs. Un educateur estimera que le parent a progresse ; son collegue jugera le contraire. Le parent qui entreprend une therapie se verra dire que "ce n'est pas suffisant". Celui qui suit des cours de parentalite sera soupçonne de le faire "pour le dossier" et non "par conviction". Celui qui ne fait rien sera accuse de passivite. Quoi qu'il fasse, le parent est en echec, parce que la cible est mouvante et les criteres de reussite ne sont jamais explicitement definis.
On lui demande de "faire confiance au systeme" -- le meme systeme qui lui a retire ses enfants, qui l'observe, le juge et le consigne dans des rapports. On lui demande d'accepter que c'est "dans l'interet de l'enfant", sans que cet interet soit jamais defini concretement, sans que les benefices du placement pour l'enfant soient demontres, sans que l'alternative -- un accompagnement a domicile, une aide financiere, un soutien psychologique -- ait ete serieusement envisagee.
On lui demande de "respecter le cadre" -- un cadre qu'il n'a jamais accepte, qu'il n'a pas contribue a definir, et qui lui a ete impose par une decision qu'il n'a souvent meme pas pu contester avant qu'elle soit executee. On lui demande de "ne pas mettre les enfants au milieu", alors que c'est precisement le systeme qui les a places au milieu -- entre deux foyers, entre deux loyautes, entre deux vies. Le parent est somme de resoudre un conflit de loyaute que le systeme a lui-meme cree.
« On m'a dit de "travailler sur ma parentalite". J'ai demande : "Concretement, qu'est-ce que je dois faire ?" On m'a repondu : "C'est a vous de trouver." J'ai pris un rendez-vous chez un psy, je me suis inscrit a un groupe de parole, j'ai suivi une formation. Au rapport suivant, ils ont ecrit que je "multipliais les demarches de facon desordonnee, ce qui temoigne d'une difficulte a hierarchiser ses priorites". »
-- Pere d'un enfant, placement depuis 14 mois, Bouches-du-RhoneL'Isolement et la Honte
Le placement d'un enfant est entoure d'une honte sociale massive que le parent vit dans un silence quasi total. On ne dit pas a sa famille que ses enfants ont ete places. On ne le dit pas a ses amis. On ne le dit surtout pas a ses collegues. Parce que la reaction est presque toujours la meme, invariable, devastatrice : "Si on t'a retire tes enfants, c'est qu'il y a une raison." Cette phrase, qui semble relever du bon sens, est en realite un verdict sans appel. Elle transforme le parent en coupable presume aux yeux de son entourage, sans proces, sans preuve, sans possibilite de se defendre.
Le parent perd ainsi son reseau de soutien au moment precis ou il en a le plus besoin. Les amis s'eloignent -- parce qu'ils ne savent pas quoi dire, parce qu'ils jugent, parce qu'ils ont peur d'etre "associes". La famille se divise entre ceux qui soutiennent et ceux qui accusent. Les grands-parents, parfois eux-memes soupconnes, n'osent plus intervenir. Le parent se retrouve seul, dans un appartement silencieux, avec des photos d'enfants sur les murs et une audience dans trois mois.
Cette solitude nourrit une depression que le systeme utilisera ensuite contre le parent. Car si le parent sombre -- et comment ne pas sombrer ? --, cela deviendra un argument supplementaire pour maintenir le placement : "Le parent presente un etat depressif incompatible avec l'exercice de ses responsabilites parentales." Le systeme cree les conditions de la depression, puis utilise la depression comme preuve de l'incapacite parentale. C'est un cercle vicieux d'une cruaute systemique rarement nommee.
Il faut dire ici ce que les rapports officiels ne disent pas : le suicide parental apres placement existe. Il n'est pas documente officiellement, il n'entre dans aucune statistique de l'ASE, il ne fait l'objet d'aucune etude epidemiologique en France. Mais les associations de parents, les avocats specialises, les psychologues qui accompagnent ces familles le savent : des parents se suicident apres le placement de leurs enfants. Et il n'existe en France aucune structure de soutien psychologique specifiquement dediee aux parents dont les enfants ont ete places. Aucune. Pas une ligne budgetaire. Pas un dispositif. Rien.
« Je n'ai dit a personne que mes enfants avaient ete places. Personne. Pendant deux ans, j'ai invente des excuses : "Ils sont chez leur pere", "Ils sont en colonie". A Noel, je restais seule. Quand une collegue m'a demande pourquoi je ne parlais jamais de mes enfants, j'ai fondu en larmes aux toilettes. Je n'ai jamais pu lui dire la verite. La honte me mangeait de l'interieur. »
-- Mere d'un enfant, placement depuis 26 mois, GirondeLe Temps Qui Passe : L'Arme Ultime du Systeme
Le temps est l'arme la plus redoutable du systeme de placement. Chaque jour qui passe sans retour de l'enfant rend ce retour plus difficile. Non pas parce que le parent est devenu moins capable -- souvent, c'est l'inverse : il a fait les demarches, suivi les formations, trouve un logement, stabilise sa situation. Mais parce que l'enfant, lui, s'est adapte. Il a ses reperes dans le foyer ou la famille d'accueil. Il a ses habitudes, ses copains, son ecole. Et le juge, au moment de decider, hestera a "destabiliser un enfant qui s'est adapte".
C'est la perversite du systeme temporel : plus le placement dure, plus il se justifie lui-meme. L'adaptation de l'enfant au placement devient l'argument pour maintenir le placement. Le parent est pris dans une course contre la montre qu'il ne peut pas gagner, parce que chaque mois de placement renforce la position de ceux qui veulent le maintenir. Les audiences sont espacees de six mois, parfois d'un an. Les rapports arrivent en retard. Les evaluations sont reportees. Et pendant ce temps, l'enfant grandit.
Le parent regarde ses enfants grandir a travers une vitre. Il rate les premiers mots, les premiers pas, la premiere rentree scolaire, le premier dessin de la fete des meres, les anniversaires. Il rate les moments de fievre ou l'enfant appelle sa mere dans la nuit. Il rate les cauchemars, les disputes d'enfants, les crises de fou rire, les dimanches matin sous la couette. Il rate tout ce qui constitue le quotidien d'un parent, tout ce tissu invisible de micro-moments qui construit le lien et la memoire. Et ce temps perdu est irreversible. On ne rattrape pas les annees d'enfance d'un enfant. Elles sont parties. Pour toujours.
Certains parents se battent pendant des annees, traversent cinq, six, dix audiences, depensent des milliers d'euros en avocats, redigent des dizaines de courriers, accumulent des preuves, des attestations, des certificats -- pour finalement entendre le juge dire que l'enfant est "desormais stabilise dans son lieu de placement" et qu'un retour "presenterait un risque de destabilisation". L'enfant ne reviendra pas. Non pas parce que le parent est incapable, mais parce que le systeme a laisse le temps faire son oeuvre. Le temps est gratuit pour l'institution. Il est devastateur pour le parent.
« Mon fils avait deux ans quand il a ete place. Il en a six aujourd'hui. Il m'appelle par mon prenom. Il ne dit plus "maman". La famille d'accueil, c'est "maman Sylvie". Moi, je suis "Nadia". Quatre ans de placement, et mon fils ne sait plus que je suis sa mere. Le juge dit qu'il est "bien adapte". Adapte a quoi ? A vivre sans moi ? »
-- Mere d'un enfant, placement depuis 4 ans, EssonneCe Qui N'est JAMAIS Mis en Place
Ce qui rend le systeme de placement particulierement injuste, ce n'est pas seulement ce qu'il fait aux parents -- c'est ce qu'il ne fait pas. Le travail reel de reunification familiale est quasiment inexistant en France. Contrairement a d'autres pays europeens, ou le retour de l'enfant dans sa famille est considere comme l'objectif principal de toute mesure de placement, le systeme francais fonctionne comme si le placement etait une fin en soi. Une fois l'enfant place, l'energie institutionnelle se concentre sur la gestion du placement, pas sur sa fin.
Il n'existe pas de programme structure d'accompagnement des parents pour resoudre les problemes qui ont motive le placement. Si un parent a ete signale pour des conditions de logement insalubres, personne ne l'aidera a trouver un logement decent. Si le motif etait un epuisement parental, personne ne mettra en place un relais concret -- aide menagere, soutien educatif a domicile, halte-garderie. Si c'etait une precarite financiere, personne ne l'orientera vers les aides auxquelles il a droit. Le systeme identifie un probleme, retire l'enfant, et laisse le parent seul face au probleme qui a justifie le retrait.
La mediation familiale obligatoire avant placement n'existe pas. Dans la majorite des cas, aucune tentative serieuse de resolution du conflit familial n'est entreprise avant la decision de retrait. Les mesures alternatives au placement -- Action Educative en Milieu Ouvert (AEMO) renforcee, placement a domicile, accueil de jour -- sont sous-dotees et sous-utilisees. Quand elles existent, les listes d'attente sont si longues que le placement est prononce avant que la mesure alternative ait pu etre mise en oeuvre.
Il n'y a pas de therapie familiale incluant le parent ET l'enfant pendant le placement. Les enfants voient un psychologue de leur cote. Les parents sont orientes vers un suivi de leur cote. Mais le lien parent-enfant, qui est precisement ce que le placement a rompu, n'est travaille par personne. Les visites progressives non surveillees au domicile du parent sont exceptionnelles et tardives. Le plan de retour avec des echeances claires, des criteres objectifs et mesurables, des etapes progressives -- ce qui devrait etre la norme -- est l'exception absolue.
« On m'a retire mes enfants pour "logement indigne". Trois pieces pour cinq personnes, oui, c'etait petit. J'ai demande a l'ASE de m'aider a trouver un logement plus grand. On m'a repondu que ce n'etait pas leur role. Alors mes enfants sont en foyer -- ou ils dorment a quatre dans une chambre -- et moi je suis seule dans mon trois-pieces. Quelqu'un peut m'expliquer la logique ? »
-- Mere de trois enfants, placement administratif, Seine-Saint-DenisCe Que Cette Page Veut Dire
Cette page ne dit pas que tous les placements sont injustifies. Certains enfants sont en danger reel et doivent etre proteges. Cette page dit que la maniere dont les parents sont traites pendant le placement -- l'absence de soutien, la logique de surveillance au lieu de l'accompagnement, l'instrumentalisation du temps, les injonctions paradoxales, l'isolement organise -- constitue un traitement inhumain qui ne sert ni les enfants, ni les familles, ni la societe.
Un systeme qui traite les parents comme des suspects ne peut pas pretendre agir dans l'interet des enfants. Parce que dans l'immense majorite des cas, l'interet de l'enfant, c'est de vivre avec ses parents. Et quand ce n'est temporairement pas possible, l'interet de l'enfant, c'est que tout soit mis en oeuvre pour que ca le redevienne le plus vite possible. Ce n'est pas ce que fait le systeme actuel.
Si vous etes parent et que vous vivez cette situation, cette page est pour vous. Vous n'etes pas fou. Vous n'etes pas le probleme. Vous etes dans un systeme qui dysfonctionne, et votre souffrance est la preuve de votre amour, pas de votre incapacite.